dimanche 26 septembre 2010

Juste la fin du monde



Lorsque l'on étudie une œuvre, dans le domaine scolaire ou universitaire, on a souvent tendance à la vomir par la suite. L'immortel Molière de nos années collèges. Étrangement, à la différence de ce fait énoncé, j'apprécie d'autant plus une œuvre ou un auteur, bien souvent les deux, lorsque je l'ai bien étudié, de manière à pouvoir me l'approprier, l'explorer, l'apprécier.
Croquis pour le décor de Pièce de Guerre, E. Bond
Donc, parmi les œuvres que je tiens en haut estime figure Juste la fin du monde, et particulièrement son auteur, Jean-Luc Lagarce. Pourtant, ce genre de théâtre familial ne m'intéresse pas réellement, je préfère le grandiose, les idéaux, les tragédies. C'est la force du texte qui réellement m'a intéressé, il y a le théâtre en vers du XVIIème siècle par exemple, Racine, Corneille. Le théâtre grotesque de Jarry, l'absurde de Beckett. Et puis il y a Lagarce, des pièces en prose mais avec une poésie digne du vers. C'est la force de l'image, transmise de part le texte, et la force de l'Art qu'apporte l'auteur.
Il faut peut-être le joué, ou le voir, pour réellement apprécier ce texte. Je commence par la fin, et vous invite à lire, joué, apprécié l'Epilogue :

"Après, ce que je fais,
je pars.
Je ne reviens plus jamais. Je meurs quelques mois plus tard,
une année tout au plus.

Une chose dont je me souviens et que je raconte encore
(après j'en aurais fini) :
c'est l'été, c'est pendant ces années où je suis absent,
c'est dans le sud de la France.
Parce-que je me suis perdu, la nuit, dans la montagne,
je décide de marcher le long de la voie ferrée.
Elle m'évitera les méandres de la route, le chemin sera plus court et je sais qu'elle passe près de la maison où je vis.
La nuit, aucun train n'y circule, je n'y risque rien
et c'est ainsi que je me retrouverai.
A un moment, je suis à l'entrée d'un viaduc immense,
il domine la vallée que je devine sous la lune,
et je marche seul dans la nuit,
à égale distance du ciel et de la terre.
Ce que je pense
(et c'est cela que je voulais dire)
c'est que je devrais pousser un grand et beau cri,
un long et joyeux cri qui résonnerait dans toute la vallée,
que c'est ce bonheur là que je devrais m'offrir,
hurler une bonne fois,
mais je ne le fais pas,
je ne l'ai pas fait.
Je me remets en route avec seul le bruit de mes pas sur le gravier.

Ce sont des oublis comme celui-là que je regretterais."
Mise en scène de Juste la Fin du monde par J-F Berreur


Dans le même ordre d'idée, j'ai toujours tendance à m'intéresser à l'auteur d'une œuvre que j'ai aimé. Juste la fin du monde n'est pas sa première pièce, bien au contraire, mais elle rencontre un succès inattendu. Inattendu dans le sens où Lagarce a créer sa propre maison d'édition pour publier ses pièces dans la mesure où son talent n'était pas reconnu à l'époque, les années 80/90 environ. Depuis sa mort, cette pièce est entrée dans le répertoire de la Comédie Française, était au programme du bac dans les options Théâtre.
Bref, Juste la fin du monde est une pièce remarquable mais j'ai aussi une profonde admiration pour la reprise que Lagarce en a fait quelques années après en écrivant Le Pays Lointain. C'est une pièce qui fait apparaître sur scène des personnages morts depuis longtemps, des rencontres, des êtres aimés qui resurgissent. Nous ne sommes plus vraiment dans un théâtre réaliste, une pièce qui pourrait ressembler à toute les pièces, nous sommes dans un univers onirique, dans entre l'inconscient et le conscient. Comme dit Lagarce lui-même, entre "le rêve de la veille, la salle de la scène".

J'ajoute un extrait d'un recueil de texte écrit par le même auteur, Du luxe et de l'impuissance :


"Une société, une cité, une civilisation qui renonce à l'art, qui s'en éloigne, au nom de la lâcheté, la fainéantise inavouée, le recul sur soi, qui s'endort sur elle-même, qui renonce au patrimoine de demain, au patrimoine en devenir pour se contenter, dans l'autosatisfaction béate, des valeurs qu'elle croit s'être forgées et dont elle se contenta d'hériter, cette société-là renonce au risque, elle s'éloigne de sa seule vérité, elle oublie par avance de ce construire un avenir, elle renonce à sa force, à sa parole, elle ne dit plus rien aux autres, et à elle-même.

Une société, une cité, une civilisation qui renonce à sa part d'imprévu, à sa marge, à ses atermoiements, à ses hésitations, à sa dévinvoltures, qui ne renonce jamais, ne serait-ce qu'un instant, à produire sans réfléchir, une société qui n sourit plus, ne serait-ce qu'à peine, malgré le malheur et le désarroi, de ses propres inquiétudes, et de ses solitudes, cette société-là est une société qui se contente d'elle même, qui se livre tout entière à la contemplation d'elle mêmes, qui se livre tout entière à la contemplation morbide de sa propre image, à la contemplation immobile de sa mensongère propre image."

samedi 25 septembre 2010

Ça ira quand même

" Le 9 décembre 1792, les sans-culottes de la rue Mouffetard adressèrent à la Convention un libelle intitulé:
Vous foutez vous de nous ?
Vous ne vous en foutrez plus longtemps !
"

"Ceux qui serrent les cordons de la bourse en étouffant les peuples ne sont-ils pas les commanditaires des avions suicides d'Allah, des colliers de grenade palestiniennes, des narcotrafiquants colombiens ou afghants, de la bombe des militants basques, corse et ouzbeks, du pistolet-mitrailleur vendu aux écoliers américains, des joyeuses machettes du Rwanda et du Burundi, des affrontements nationalistes utiles aux affaires..."

"N'eussent été les innocentes victimes des attentats du 11 Septembre 2001, ils auraient été des millions, de par le monde, à s'esclaffer sans vergogne en voyant s'écrouler ces tours de morgues et de merde, ces bubons d'une peste urbanistique partout propagés par l'appât du gain, ces joyaux d'un univers concentrationnaire climatisé, s'émiettant sous les coups de la violence qu'il engendre."

"Qui remporte la palme du terrorisme ? Les Talibans ou vous qui les avez armés ? Les malfrats de banlieues ou vous qui les désespérez ? Le chômeur qui abat le responsable de son licenciement ou vous qui démantelez les usines ? Le palestinien changé en explosif ou vous qui versez des larmes de crocodile sur un peuple auquel vous ôtez tout avenir ?..."

Ce texte est un extrait de l'œuvre de Raoul Vaneigem : "Pour l'abolition d'une société marchande, pour une société vivante".

J'ai découvert ce philosophe lors d'une expérience théâtrale qui figure parmi les plus intenses que j'ai connue. Il s'agît d'un spectacle mis en scène par Benoît Lambert, et la compagnie du théâtre de la Tentative. Ça ira quand même. Les textes de quatre philosophes parmi lesquels figurent Deleuze et Vaneigem portés à la scène, il n'y pas ici de critique politique, simplement d'un constat d'une société qui va mal, mais toujours avec cet espoir de changement. Un changement qui pourrait venir d'un groupe de personne, peut-être aussi simplement en notre âme et conscience.

Je n'imagine pas, ou plus, une révolution comme le XXème siècle en a connues. Elle ne semble apporté qu'une situation pire encore. Néanmoins, il est clair que notre société ne manquerait pas à être plus humaine. On peut toujours rêver j'ai l'impression, et pourtant...

On dit souvent que les jeunes sont trop idéalistes. Si un changement devrait avoir lieu, j'imagine que la jeunesse française serait au centre de l'événement. Mais aujourd'hui, quand on regarde à ressemble la jeunesse, on peut se poser des questions. Entre les noyés de la télévision et de ses émissions toujours plus idiotes à l'image de Secret Story, de ce récent mariage qui ressemble plus à un coup d'audience qu'à un réel acte d'amour, entre cette jeunesse fanatique (et elle existe) chrétienne, musulmane, juive, et même raciste, entre cette jeunesse démunies et parfois pathétique et leurs soirées quotidienne bières/joins, et même cette jeunesse qui pense que son mode de vie, sa philosophie, ses choix, valent mieux que ceux des autres. On imagine mal comment la jeunesse en général pourrait faire un front commun contre un système qui ne vaut certainement pas mieux que les autres.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui la jeunesse rêve d'argent, de pouvoir, et de vêtement de marques. Elle semble totalement endormis par ceux que l'on devrait accuser. On semble oublier que l'argent ne fait pas le bonheur, que ce qui apporte le bien-être ici a l'effet inverse là-bas. C'est peut-être un mal dû à une période de Sarkozysme, de bling-bling et de diverses séquences visant à monter le français de souche contre le français immigré, le vieux contre le jeune, le riche contre le pauvre. Ce qui me choque c'est lorsque l'on entend des commentaires contre les émeutes de banlieue, je ne cautionne certainement pas les voitures et magasins brûlé, mais j'essaie de m'interroger sur la cause plutôt que de m'indigner sur les conséquences. De quel droit une personne habitant dans le XVIème arrondissement, blonde aux yeux bleu, peut elle témoigner de la vie des cités, de la pression policière et des multiples contrôle d'identité.

Nous aurions besoin d'un autre modèle, une idéologie nouvelle et humaine, mais aujourd'hui, qui pourrait l'inventée, la promouvoir, alors qu'on tend de plus en plus à dire que les Littéraires en général ne servent à rien, ils ne rapportent certes aucun profit et leurs travaux ne valent rien d'un point de vue matériel. Qui pourrait symboliser le changement entre un Parti Socialiste qui ressemble plus à une mascarade, une colonie de vacance où chacun préfère critiquer alors qu'il faudrait construire, entre les syndicats que l'on ne peut que soupçonner de réduire la contestation à la manifestation, que l'on ne peut que soupçonner de se vendre au gouvernement.

Je terminerais donc sur une citation de Charb' dans le Charlie Hebdo :

"Le régime sarkozyste n'est pas étiqueté fasciste, parce que le régime sarkozyste est... sarkozyste. Ça ne le rend pas moins odieux, c'est juste autre chose."
Marie Antoinette, De Sofia Coppola

Je ne vous souhaite pas la bienvenue

Ce blog, comme vous pourrez le constater n'a aucune ambition journalistique, politique, artistique. Il est le fruit d'un complexe narcissique relativement aigu. Il fut un temps où, sortant du collège, j'eusse l'idée de créer un blog, mon choix se portât sur la plateforme la plus en vogue à l'époque, Skyblog. C'est un blog qui a vu passer nombre de mes lubies, de mes photo's, plus ou moins sans intérêt donc.

Récemment, j'ai décidé qu'un blog c'était toujours ça, je n'attends pas de visite, mais à la rigueur si vous voulez commenter, why not ?

Thisisyimbroke : deviantart.com
L'objectif de ce site n'est pas d'avoir un maximum de commentaires, ni même d'être lu, il s'agît de noircir une page numérique d'idées, de citations, de réflexions plus ou moins intenses. Je préfère être synthétique, le développement c'est pas mon fort, quelques mots suffisent pour exprimer quelques choses. Je m'en tiendrais là.

Une légère présentation s'impose, qui je suis n'est pas très important donc je passerais les détails. J'aime le théâtre, la littérature, la peinture et la sculpture. J'écris, un peu, sans prétention, j'aime modifier des images, photos, toussatoussa. C'est principalement de cela que va être constitué ce "journal". Il serait idiot de dire "Journal intime", dans la mesure où si vous lisez ces lignes, il ne l'est plus. Nous serons deux à écrire et faire partager certaines de nos passions, certains de nos intérêt.

Je tiens aussi à m'excuser des éventuelles fautes d'orthographe qui pourraient vous faire mal aux yeux.


Pourquoi Zéphyr ? Zéphyr est, dans la mythologie grecque, la divinité du vent venant de l'est. Dans le mythe d'Apulée, Eros et Psyché, c'est lui qui amène cette femme réputée pour sa beauté chez le fils d'Aphrodite.
Une psychée est un miroir, c'est aussi un synonyme pour l'esprit en Philosophie. Quoi de plus de approprié comme nom pour un blog qui se veux un miroir sur soi-même.

Quant à moi je me permets de déposer quelques mots ici, tachons d'être synthétique comme ce qui précède. Je ne me présenterai pas, car ce serait sans intérêt. Pour faire très simple et concis, je résumerai le personnage comme quelqu'un qui sort de la norme, sans pour autant s'en éloigner assez pour avoir une quelconque originalité et susciter l'intérêt des autres. Certains articles de ce site seront de moi, j'essaierai simplement de ne pas (trop) envahir les lieux. Pourquoi Athénaïs ? A cette question que vous ne vous poserez pas, je répondrai simplement, "pourquoi pas?".