samedi 25 septembre 2010

Ça ira quand même

" Le 9 décembre 1792, les sans-culottes de la rue Mouffetard adressèrent à la Convention un libelle intitulé:
Vous foutez vous de nous ?
Vous ne vous en foutrez plus longtemps !
"

"Ceux qui serrent les cordons de la bourse en étouffant les peuples ne sont-ils pas les commanditaires des avions suicides d'Allah, des colliers de grenade palestiniennes, des narcotrafiquants colombiens ou afghants, de la bombe des militants basques, corse et ouzbeks, du pistolet-mitrailleur vendu aux écoliers américains, des joyeuses machettes du Rwanda et du Burundi, des affrontements nationalistes utiles aux affaires..."

"N'eussent été les innocentes victimes des attentats du 11 Septembre 2001, ils auraient été des millions, de par le monde, à s'esclaffer sans vergogne en voyant s'écrouler ces tours de morgues et de merde, ces bubons d'une peste urbanistique partout propagés par l'appât du gain, ces joyaux d'un univers concentrationnaire climatisé, s'émiettant sous les coups de la violence qu'il engendre."

"Qui remporte la palme du terrorisme ? Les Talibans ou vous qui les avez armés ? Les malfrats de banlieues ou vous qui les désespérez ? Le chômeur qui abat le responsable de son licenciement ou vous qui démantelez les usines ? Le palestinien changé en explosif ou vous qui versez des larmes de crocodile sur un peuple auquel vous ôtez tout avenir ?..."

Ce texte est un extrait de l'œuvre de Raoul Vaneigem : "Pour l'abolition d'une société marchande, pour une société vivante".

J'ai découvert ce philosophe lors d'une expérience théâtrale qui figure parmi les plus intenses que j'ai connue. Il s'agît d'un spectacle mis en scène par Benoît Lambert, et la compagnie du théâtre de la Tentative. Ça ira quand même. Les textes de quatre philosophes parmi lesquels figurent Deleuze et Vaneigem portés à la scène, il n'y pas ici de critique politique, simplement d'un constat d'une société qui va mal, mais toujours avec cet espoir de changement. Un changement qui pourrait venir d'un groupe de personne, peut-être aussi simplement en notre âme et conscience.

Je n'imagine pas, ou plus, une révolution comme le XXème siècle en a connues. Elle ne semble apporté qu'une situation pire encore. Néanmoins, il est clair que notre société ne manquerait pas à être plus humaine. On peut toujours rêver j'ai l'impression, et pourtant...

On dit souvent que les jeunes sont trop idéalistes. Si un changement devrait avoir lieu, j'imagine que la jeunesse française serait au centre de l'événement. Mais aujourd'hui, quand on regarde à ressemble la jeunesse, on peut se poser des questions. Entre les noyés de la télévision et de ses émissions toujours plus idiotes à l'image de Secret Story, de ce récent mariage qui ressemble plus à un coup d'audience qu'à un réel acte d'amour, entre cette jeunesse fanatique (et elle existe) chrétienne, musulmane, juive, et même raciste, entre cette jeunesse démunies et parfois pathétique et leurs soirées quotidienne bières/joins, et même cette jeunesse qui pense que son mode de vie, sa philosophie, ses choix, valent mieux que ceux des autres. On imagine mal comment la jeunesse en général pourrait faire un front commun contre un système qui ne vaut certainement pas mieux que les autres.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui la jeunesse rêve d'argent, de pouvoir, et de vêtement de marques. Elle semble totalement endormis par ceux que l'on devrait accuser. On semble oublier que l'argent ne fait pas le bonheur, que ce qui apporte le bien-être ici a l'effet inverse là-bas. C'est peut-être un mal dû à une période de Sarkozysme, de bling-bling et de diverses séquences visant à monter le français de souche contre le français immigré, le vieux contre le jeune, le riche contre le pauvre. Ce qui me choque c'est lorsque l'on entend des commentaires contre les émeutes de banlieue, je ne cautionne certainement pas les voitures et magasins brûlé, mais j'essaie de m'interroger sur la cause plutôt que de m'indigner sur les conséquences. De quel droit une personne habitant dans le XVIème arrondissement, blonde aux yeux bleu, peut elle témoigner de la vie des cités, de la pression policière et des multiples contrôle d'identité.

Nous aurions besoin d'un autre modèle, une idéologie nouvelle et humaine, mais aujourd'hui, qui pourrait l'inventée, la promouvoir, alors qu'on tend de plus en plus à dire que les Littéraires en général ne servent à rien, ils ne rapportent certes aucun profit et leurs travaux ne valent rien d'un point de vue matériel. Qui pourrait symboliser le changement entre un Parti Socialiste qui ressemble plus à une mascarade, une colonie de vacance où chacun préfère critiquer alors qu'il faudrait construire, entre les syndicats que l'on ne peut que soupçonner de réduire la contestation à la manifestation, que l'on ne peut que soupçonner de se vendre au gouvernement.

Je terminerais donc sur une citation de Charb' dans le Charlie Hebdo :

"Le régime sarkozyste n'est pas étiqueté fasciste, parce que le régime sarkozyste est... sarkozyste. Ça ne le rend pas moins odieux, c'est juste autre chose."
Marie Antoinette, De Sofia Coppola

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